PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

dimanche 28 mai 2017

LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE S’ANNONCE INÉVITABLE


LES NEURONES CONTRE LES GROS BRAS



La tournée récente de Donald Trump au Moyen-Orient, en Israël et en Europe a mis en évidence le caractère prédominant de ce Président qui sait s’imposer là où il le veut, et comme il le veut. Son personnage représente bien le vrai visage d’un empire qui repose avant tout sur sa puissance financière et militaire. Cette puissance lui permet de décider ce qui est bien et ce qui est mal pour la sécurité et les intérêts des États-Unis d’Amérique. Il a le pouvoir d’imposer des sanctions qui rappellent aux récalcitrants et insoumis que leur sort repose entre ses mains. Ils n’ont qu’à être gentils et à payer leur dîme annuelle pour bénéficier de sa protection.

Il ne lui a fallu que 100 jours pour que ses promesses électorales, visant, entre autres, la gouvernance interne des États-Unis et son retrait de la gouvernance mondiale, s’évaporent en fumée.  Voici ce que j’écrivais au lendemain de son élection :

« L’enthousiasme, suscité par la victoire de Donald Trump, repose, entre autres, sur le fait qu’il se présente comme une alternative indépendante pouvant mettre fin à un système qui nivelle, à l’interne, le nationalisme profond du peuple et ses intérêts au profit des plus nantis et, à l’externe, qui impose au monde  un ordre mondial dont il est le seul maître. En fin de compte, il remet en question l’État profond existant, dominé par quelques grandes familles et grandes institutions financières et industrielles. Ses promesses électorales parlent de redonner le pouvoir au peuple et de mettre fin à cette politique impériale de conquête et de domination. De quoi susciter beaucoup d’espoir chez ces millions d’étasuniens qui vivent dans l’anonymat d’une pauvreté qui est loin de l’emblème d’un pays qui se dit riche et démocratique. Il en va de même pour de nombreux pays qui vivent sous la tutelle de l’empire ou qui en sont constamment menacés. »

Celui qui se réclamait de n’avoir que des paroles se transformant en réalisations s’est vite révélé comme celui dont les actions allaient à l’encontre de ses paroles. Loin de réduire la présence militaire des États-Unis dans le monde, il en augmente la présence à un rythme accéléré. Les navires de guerre, les porte-avions se déplacent dans le Pacifique  et les bases militaires dans le monde se renforcent et se multiplient.  Il privilégie les dépenses militaires.  Il n’a pas attendu la permission de qui que ce soit pour lancer 59 missiles sur le territoire syrien. Il a fallu qu’on lui dise que Bachar Al Assad avait utilisé des armes chimiques pour qu’il l’attaque. Pas question pour lui de vérifier si les informations reçues étaient fondées.  De toute évidence, il se révèle imprévisible dans ses actions et de moins en moins fiable dans ses engagements.

En Amérique du Sud, il fomente, par l’intermédiaire de l’OEA, une coalition entre les pays qui lui sont soumis pour envahir militairement le Venezuela en vue d’y récupérer les pouvoirs de l’État et les richesses du pays. Sur ce plan, il ne fait que poursuivre les politiques d’Obama tout en les renforçant par des interventions financières plus importantes et par des moyens plus musclés. La question du droit international des peuples à disposer d’eux-mêmes n’a aucune incidence dans ses décisions. La corruption, la manipulation, la violence font partie de ses moyens. Il a été entièrement récupéré par l’État profond, celui qui règne aux États-Unis et dans le monde.

À cet empire et à ses vassaux  s’opposent, comme puissances dominantes, la Russie et la Chine. Vladimir Poutine et son homologue chinois, Xi Jinping, ont une approche totalement différente de celle adoptée par l’Empire. L’un et l’autre se fondent sur le respect du droit international des peuples et des États à disposer d’eux-mêmes.  Leurs conquêtes ne se font pas par la force, mais par des alliances mutuellement consenties, répondant objectivement aux intérêts des principaux intervenants. Ils sont l’antithèse d’une mondialisation unipolaire sous la gouvernance de l’empire étasunien.

L’air de rien, ces deux puissances se sont donné les moyens de contrer les volontés impériales. Elles sont indépendantes et souveraines, se déplaçant dans le monde comme bon, il leur semble. Leurs discours et leurs engagements se rejoignent dans ce projet d’un monde multipolaire, fondé sur le respect de chacun des peuples et des États et sur la recherche d’une complémentarité assurant l’harmonie et la paix. Une telle approche frappe de plein fouet les volontés dominatrices d’un monde unipolaire sous la gouvernance de l’empire. Il s’agit d’un enjeu de vie ou de mort pour l’Empire et ce monde unipolaire sous sa gouverne.  En ce sens, on peut dire que la troisième guerre mondiale est déjà commencée et que l’étape des affrontements  qui se fait actuellement par pays interposés, comme c’est le cas en Syrie et en Ukraine, est à la veille d’éclater à un niveau plus élargi.

À ce jour, la Chine et la Russie ont résisté aux provocations multiples dont il furent l’objet sous de multiples formes. Pendant que les muscles de l’Empire se manifestent et font entendre le bruit de leurs bottes de guerre,  La Russie et la Chine raffinent leurs armements, élargissent leurs liens avec d’autres peuples et ne manquent pas d’accentuer les fissures qui se manifestent au sein des grandes Alliances occidentales, tels l’Union européenne, l’OTAN, l’OEA et certains grands traités commerciaux. Dernièrement, le premier ministre chinois a fait une tournée importante  pour renforcer la route de la soie. Une entente a été conclue avec le Chili, un allié traditionnel de Washington. Pour sa part, Vladimir Poutine a assuré le Venezuela de son soutien dans cette lutte qu’il mène contre les forces de l’Empire qui cherche par tous les moyens à intervenir militairement comme il le fit en Ukraine, en Libye et en Syrie. Le président Maduro a fait un appel formel à la Russie pour qu’elle l’aide pour contrer cette invasion. Il est évident que ce support permettra à Vladimir Poutine de prendre pied en Amérique latine et de bénéficier des avantages que représente le Venezuela avec ses richesses naturelles, dont le pétrole et certaines des grandes mines.

Tout cela pour dire que l’une des deux approches doit disparaître et que ce ne sera possible que par la destruction physique de l’une ou de l’autre. L’Empire ne saurait survivre à un monde multipolaire, pas plus d’ailleurs qu’un monde multipolaire  ne saurait exister sous la gouverne d’un Empire. Il est possible que les premières frappes  qui vont faire déborder la confrontation à un niveau mondial se réalisent contre la Corée du Nord. À partir de ce moment, tout peut devenir possible. On ignore toujours ce dont la Corée du Nord est capable. La Chine et la Russie ne sauraient rester les bras croisés.


Oscar Fortin
Le 28 mai 2017



vendredi 19 mai 2017

MADURO N'EST PAS SEUL



POUTINE LE REJOINT



Les dernières déclarations du président Poutine relatives au conflit interne  qui s’accentue entre le gouvernement légitime de Nicolas Maduro et une opposition  de plus en plus violente ont de quoi faire réfléchir les alliés régionaux de cette opposition qui souhaiteraient bien une intervention militaire. Déjà, en mars 2015, la Russie avait répondu oui à la requête du gouvernement vénézuélien contre lequel le président étasunien d’alors, Barack Obama, avait déclaré comme une menace à la sécurité nationale des États-Unis. Une déclaration qui l’autorisait, pratiquement, à intervenir militairement au Venezuela.

Cette fois-ci, cette intervention du Président de Russie auprès du gouvernement vénézuélien revêt un caractère tout particulier. Celle-ci se réalise la  journée même où le président de Colombie, Manuel Santos, est à la Maison-Blanche en compagnie de son homologue étasunien, Donald Tromp.  Au nombre des sujets abordés figure celui du Venezuela, présenté comme une tragédie humaine sous la gouverne d’un régime politique qui se révèle être un véritable fiasco.  Bien que riche en pétrole et minerais,  sa population vit dans la famine. Il faut s’unir, disent-ils, pour sortir le peuple vénézuélien de cette misère humaine. Rien n’est dit, évidemment, de cet acharnement pour renverser ce régime depuis le jour où il a vu le jour.

Des millions de dollars ont été investis et continuent de l’être pour créer les conditions permettant de justifier une intervention militaire en vue de renverser ce régime.  L’opposition interne est mise à contribution pour dénoncer ce gouvernement, qu’elle qualifie de dictatorial, et le provoquer sous diverses formes. Elle canalise les fonds destinés pour créer des zones de violence et susciter la peur et le mécontentement de la population.  La cause de tous ces malheurs est refilée, comme par magie, au gouvernement. La presse nationale et internationale se charge  de cette magie. Elle sait comment transformer le vrai en faux et le faux en vrai. L’important, c’est que l’opinion publique en arrive à dire: nous en avons  assez de ce gouvernement.

Il va de soi que l’OEA, organisme régional sous contrôle officieux des États-Unis, est mis à contribution  pour donner une couverture régionale et internationale à toute intervention militaire visant le renversement du présent régime.  Les principaux responsables de cet organisme ne se font pas de scrupule avec des questions d’éthique et de solidarité. À ce niveau, le pouvoir de l’argent et sa force persuasive à corrompre les plus faibles font le reste du travail. Il faut toutefois reconnaître l’intégrité et la grandeur d’un grand nombre de ceux et celles qui siègent au sein de l’OEA et qui ont su résister tout autant aux billets verts qu’aux menaces.

Au nombre de ces alliés visant la fin de ce régime, il y a la Conférence épiscopale  du Venezuela,  adversaire féroce de la Révolution bolivarienne depuis ses tout débuts.  Elle a participé, à visage découvert, à toutes les tentatives de renversement de ce régime.  En 2002, elle était là pour célébrer un premier coup d’État contre Chavez. Malheureusement,  l’intervention du peuple et d’une partie de l’armée demeurée fidèle au gouvernement constitutionnel  ont vite transformé cette joie en un cauchemar.  Cette fois-ci, ce même épiscopat n’en démarre pas et se prête sans scrupule aux activités clandestines et violentes de l’opposition et souhaite une intervention extérieure pour mettre fin à ce régime.

C’est dans ce contexte que réapparaît Vladimir Poutine qui répète à qui veut l’entendre que le droit international doit être respecté et que les problèmes internes du  Venezuela doivent être résolus par les Vénézuéliens et Vénézuéliennes. S’il s’engage dans ce processus de paix, c’est d’abord pour répondre à une invitation des autorités légitimes du pays et dans le but de faciliter la rencontre des groupes opposés afin qu’ils puissent trouver une solution à  leurs problèmes. C’est également pour que soit respecté le droit international de non-intervention de part de ceux qui auraient la tentation d’intervenir sans l’accord des autorités compétentes.

Pour mieux comprendre ce que représente la présence de Poutine au Venezuela, il faut regarder le rôle qu’il a joué et continue de jour en Syrie. Ce pays était envahi, depuis 2011, par des forces étrangères et des mercenaires qui se confondaient avec une opposition officielle. La soi-disant coalition internationale se présentait comme une force luttant contre le terrorisme et contre un gouvernement tortionnaire et cruel. Il fallait mettre fin à ce régime dirigé par Bachar Al Assad, qualifié de dictateur.  Des groupes mercenaires et terroristes, à la solde de cette coalition, faisaient le travail de sabotage et servaient de couverture morale,pour la coalition internationale, de lutte contre le terrorisme.

La Russie, à l’invitation du président Bachar Al Assad,  s’est présentée en Syrie, en 2014, et dans l’espace de quelques semaines, elle avait fait plus pour repousser les terroristes, qu’en avait faits la coalition internationale en deux ans. Ses interventions ont permis de mettre à nu les véritables intentions des divers acteurs en les  confrontant à la réalité du droit international à respecter et à la volonté réelle d’asseoir à une même table les principaux belligérants de manière à trouver une entente permettant de sortir le pays du marasque dans lequel la guerre l’a enfoncé.

L’arrivée de Poutine au Venezuela va vite confronter les véritables intentions de ceux qui veulent aider le Venezuela à s’en sortir. Il a d’ailleurs souhaité que ses collègues régionaux  se joignent à ses efforts pour que le Venezuela retrouve la paix et la prospérité.

Pour ceux qui seraient tentés d’envahir militairement le Venezuela, mieux vaut qu’ils y pensent à deux reprises avant de passer à l’action. Les sept bases militaires des États-Unis en Colombie et la quatrième flotte navale dans le Pacifique Sud demeurent toujours une menace pour le Venezuela, mais l’arrivée d’armements modernes et sophistiqués devra être prise en considération.

Espérons que les bonnes volontés, dépouillées de leurs ambitions de pouvoir et de domination, sauront trouver la voie de la paix.

Oscar Fortin
Le 19 mai, 2017 



NOTE: Lors de la communication téléphonique de Maduro à Poutine, ce dernier s'est engagé, entre autres, à envoyer tous les mois un chargement de 60 mille tonnes de blé pour alléger les besoins du peuple vénézuélien. Il ne commence pas par envoyer des armes pour faire la guerre, mais des aliments pour soulager la faim. C'est déjà un bon commencement.

lundi 15 mai 2017

LE CONSEIL ÉPISCOPAL LATINO AMÉRICAIN (Celam)



VIT TOUJOURS AVEC SES CONTRADICTIONS


Le Conseil épiscopal latino-américain (Celam), fondé en 1955, regroupe les présidents des Conférences épiscopales nationales des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes. Tous les 4 ans, il y a une assemblée générale ordinaire pour définir les orientations pastorales et élire les différents dirigeants de l’assemblée. Du 3 au 9 mai 2017, s’est réalisée à San Salvador la XXXVIe assemblée générale pour célébrer le centième anniversaire de Mgr Romero, assassiné le 24 mars 1980.

On peut dire, sans trop se tromper, que l’ensemble de l’épiscopat latino-américain se démarque, entre autres, par un certain conformisme religieux qui fait d’eux des personnages prestigieux et importants dans l’Église, mais aussi dans la société. Ils font partie de l’élite sociale et leur environnement de vie s’ajuste à celle de ce milieu.

Il faut toutefois reconnaître qu’un certain nombre de ces évêques ont eu la grâce de répondre, par leur vie et leurs engagements, à la clameur de leur peuple, soumis à des conditions de vie inhumaines,  n’ayant d’autres voix pour se faire entendre que celle de leurs propres souffrances.  Au Brésil, Don Helder Camara est un de ceux-là, tout comme Mgr Oscar Romero au San Salvador. Ces évêques, convertis à la pauvreté avec les pauvres pour en devenir une voix qui éveille les consciences des nantis et des puissants, ne sont pas légion. Par contre, beaucoup de prêtres, religieux et religieuses, ont répondu à cet appel et sont devenus d’authentiques militants au service de la cause des pauvres et des humiliés de la terre.

Ces quelques évêques et missionnaires engagés auprès des pauvres ont redécouvert une lecture des évangiles et une compréhension de l’engagement de foi. Ce fut l’émergence de ce qu’on a dénommé la théologie de libération que le père Gustavo Gutierrez a formalisée de manière à ce que la mission de l’Église conduise inévitablement à la promotion et à la libération des pauvres et des humbles.

En 1968, à Medellin, il y eut la rencontre du Conseil épiscopal de l’Amérique latine avec la présence du pape Paul VI, grand ami de Don Helder Camara du Brésil. Ce fut une rencontre où beaucoup d’éléments de cette approche théologique d’être avec les pauvres et en solidarité avec ces derniers ont donné une lueur d’espoir à ceux et celles qui avaient fait le choix d’être avec les plus démunis et d’être solidaires, avec ces derniers, dans leur combat de libération d'une pauvreté inhumaine. C’était, pratiquement, la sortie d’une Église confinée à la sacristie, pour rejoindre une Église d’hommes et de femmes parlant le langage des Évangiles par leurs souffrances, les injustices qui les retenaient dans la misère, mais aussi par leur solidarité humaine qui en faisait de véritables communautés.

Ce tournant d’une certaine force vive de l’Église a généré bien des peurs et mis en branles les lobbies nécessaires pour que les plus hautes autorités de l’Église mettent fin à ces missionnaires militants qui œuvrent avec ces milieux de vie pour qu’ils en sortent et retrouvent toute leur dignité. Washington n’aimait pas ça et c’est avec grand soulagement qu’il a vu l’arrivée d’un nouveau pape en la personne de Jean-Paul II. Avec ce dernier, anticommuniste jusqu’à la moelle des os, cette théologie de libération qu’il confondait avec ce communisme ne ferait pas long feu. De 1978 à 2005, il a pu prendre en main le choix des évêques qui allaient prendre la relève. La lutte contre ce virus malsain allait devenir l’objectif premier de l’action de l’église hiérarchique. On continuera de parler des pauvres et de l’amour de l’Église à leur endroit, mais la sacristie redeviendra l’endroit des retrouvailles de l’Église avec son peuple.

Ce ne sera qu’avec l’arrivée du pape François que certains de ces théologiens pourront retrouver leur place dans l’Église. C’est le cas, entre autres, de Leonardo Boff, de Miguel d’Escoto et Gustavo Gutierrez dont j’ai parlé plus haut. Si le pape François apporte un air frais avec son mode de vie, son Exhortation apostolique Evangelii gaudium et son Encyclique Laudato si, il doit composer avec des évêques dont un grand nombre sont là depuis Jean-Paul II. Tout ce qui résonne comme socialisme devient vite du communisme et du marxisme. Ces derniers peuvent maintenir leurs discours pour les pauvres et au service des pauvres, mais ces derniers ne sont pas crédibles, en raison du fait que leurs actions vont à l’encontre des politiques qui favorisent le bien commun de l’ensemble du peuple. Le cas de l’épiscopat du Venezuela en est une illustration parfaite.

Le régime politique, mis en place sous la gouvernance de Chavez, s’inspire d’un socialisme,  dit du XXIe siècle.  Pour faire court, il s’agit d’un régime dont la constitution a été élaborée avec le peuple et reconnue par ce dernier dans le cadre d’un référendum, gagné avec 71% des voix. Cette constitution fait appel à une démocratie participative et non représentative. Le peuple, par diverses voies, est pris en considération dans les décisions prises et il peut de lui-même, moyennant les signatures requises, demander la destitution du Président ou de toute autre personne en autorité. Le bien commun du peuple est l’objectif premier du partage des richesses du pays, dont le pétrole occupe une toute première place. La Constitution prévoit les dates des élections.  Pendant les 17 années sous direction du chavisme, l’accès aux services de santé a été établi dans toutes les régions du pays et ces soins sont gratuits. Il en va de même avec l’éducation devenue accessible à tous et toutes, du primaire à l’universitaire. Plus de 1 600 000 logements ont été livrés à autant de familles.

Le conflit qui fait rage actuellement au Venezuela est en fermentation depuis l’arrivée de cette révolution. L’opposition de l’époque qui s’était aventurée en 2002 pour renverser le président Chavez est toujours les mêmes aujourd’hui. Ils sont dominés par les oligarchies nationales et guidés par  Washington qui n’a pas renoncé aux ressources abondantes de pétrole ainsi que des mines, dont celles d’or. L’épiscopat vénézuélien demeure toujours opposé à ce régime du socialisme du XXIe siècle qu’elle décrit comme « système totalitaire, militariste, policier, violent et oppresseur, lequel est à la source de tous les maux dont souffre notre pays. » Cette compréhension de ce socialisme du XXIe siècle est, pratiquement, partagée par l’ensemble des conférences épiscopales de l’Amérique latine et des Caraïbes.

L’Oncle Sam est bien heureux d’avoir à ses côtés ces épiscopats pour donner une valeur morale à ses interventions pour renverser ce régime et y implanter un nouveau sur lequel il aura tous les pouvoirs. En cela, le Celam porte une profonde contradiction : celle de ne pas reconnaître dans le régime chaviste le visage humain de la doctrine sociale de l’Église telle qu’exprimée, entre autres,  par Jean XXIII dans ses Encycliques Mater et Magistra et Pacem in terris et d’autre part d’ouvrir grande ouverte les portes à une intervention de Washington pour s’emparer de l’État et de ses richesses. Ce dernier représente ce que la pape François a qualifié de capitalisme sauvage dans Evangelii gaudium.

Dans ce scénario du Venezuela, la conférence épiscopale et le Celam jouent un rôle semblable à celui de l’Organisation des États américains (OEA). Ils ont pris parti pour l’opposition violente qu’ils se sont bien gardés de dénoncer dans leurs conclusions. Ils ont plutôt nommé un comité pour suivre le déroulement des évènements. Aucun appel n’a été fait pour donner suite à la convocation du Président pour une Assemblée nationale constituante et encore moins pour dénoncer les crimes commis par une opposition devenue terroriste.

Ces évêques peuvent toujours maintenir leurs discours d’une Église pauvre avec les pauvres, mais leurs engagements politiques avec les oligarchies et l’empire en annulent toute la crédibilité.


Oscar Fortin
Le 15 mai 2017


Je vous laisse avec cette dernière référence aux deux pactes signés entre le Vatican et Washington.


J'y ajoute cette autre référence au pacte des Catacombes

http://nsae.fr/2015/11/30/limpact-du-pacte-des-catacombes-sur-leglise-daujourdhui/